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Détection

En ce qui concerne la détection précoce il faut distinguer la détection active et la détection passive de la maladie. Jusqu’en 2011, CIOMAL appliquait une politique passive (campagnes d’information, formation du staff), en essayant d’intégrer son programme dans le service de santé national.

Avec le soutien financier de la Fondation Novartis, CIOMAL a lancé en 2011 un projet pilote de dépistage actif «Contact Tracing». La détection active coûte environ 120 USD par cas. Elle est évidemment plus onéreuse que la détection passive. Elle permet cependant de lutter de manière plus systématique contre la lèpre.

Par ailleurs, cette méthode permet de:

  • Détecter les nouveaux cas de lèpre au début de la maladie, ce qui évite la contagion d’autres personnes et permet de prévenir des graves handicaps
  • Former le personnel médical à tous les niveaux
  • Sensibiliser les populations directement dans les villages
  • Assurer le suivi des patients

Méthodologie

La méthodologie suivie repose sur le dépistage systématique de personnes de la même famille ou résidant dans un périmètre de 300 mètres d’un patient touché par la maladie. Chaque nouveau cas est répertorié, il reçoit une première dose et une plaquette de médicaments ainsi que des informations sur les réactions possibles.

Depuis 2011, les patients qui ont été diagnostiqués entre 2001 et 2010 sont contactés et visités chez eux, dans les districts avec un taux d’endémicité de 1.78/10'000 à 0.5/10'000 habitants. Les visites ont pour but d’examiner leurs familles et leurs voisins.

Ces campagnes ont commencé dans les districts avec le plus haut taux de personnes atteintes par la lèpre et se sont achevées en juin 2015. En 5 ans, presque tout le pays a été couvert par la petite équipe de CIOMAL et du Programme National d’Elimination de la Lèpre. Plus de 600 nouveaux cas ont été identifiés et soignés. Les données récoltées lors de ce premier cycle permettent d’obtenir des statistiques fiables sur la situation de la lèpre dans le pays.

En octobre 2016, CIOMAL, la Fondation Novartis, Swiss Tropical Public Health Institute et le Programme National d’Elimination de la Lèpre ont commencé une étude « LPEP » (Leprosy Post Expososure Prophilaxy) qui consiste en la distribution d’une simple dose de rifampicine à l’entourage direct des anciens malades.

Le Cambodge fait partie des 8 pays sélectionnés (avec le Brésil, la Tanzanie, le Népal, l’Inde, le Sri Lanka, le Myanmar, l’Indonésie) pour cette étude qui a pour but de démontrer que l’attribution de la rifampicine à des sujets sensibles serait un moyen de prévention contre la maladie.


Ces campagnes ont montré qu’un dépistage actif autour de cas connus de lèpre permet d’identifier de nombreux nouveaux cas, dont une bonne part sont encore à un stade pauci-bacillaire précoce, sans complications et sans que la maladie ne continue à se transmettre activement, alors que le Cambodge a atteint les critère d’élimination (prévalence <1/10'000). Ces campagnes contribuent également à la sensibilisation de la population locale et à la formation des acteurs de santé présents sur place. Elles complémentent les activités déjà en place et redynamisent la lutte contre la maladie.