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Les flammes renaissantes de leur amour de jeunesse

14/03/2018 


Les flammes renaissantes de leur amour de jeunesse

Longtemps séparés, Nanh et Ban se sont retrouvés il y a 8 mois après avoir traversé l’un et l’autre les affres de la vie. Nanh a été atteinte de la lèpre et n’a plus que des moignons; Ban, envoyé à la guerre après les Khmers rouges, a perdu une jambe en sautant sur une mine.

Aujourd’hui, les deux amoureux vivent aux côtés de deux enfants, Pisey et Tuna, dans leur petite maison flottante sur l’un des lacs les plus poissonneux du monde, le Tonle Sap au centre du Cambodge. Ils s’étaient connus à Battambang, ville de romance, ils n’avaient pas 20 ans, l’amour avait été immédiat, ils avaient décidé de lier leurs destins. Ban savait sa future épouse atteinte de la lèpre.

A cette époque, le Cambodge, en pleine guerre civile, sortait d’un des pires génocides de notre siècle, les années Pol Pot. Enrôlé dans l’armée gouvernementale, Ban est envoyé à la frontière Nord, vers le Laos. Nanh reste à Battambang pour s’occuper de sa mère âgée. Trois ans plus tard, des messagers informent la jeune femme de la mort de son promis. Plongée dans une profonde tristesse, elle accomplit les rites religieux pour que l’âme de son aimé puisse reposer en paix.

Six ans passent, un prétendant la demande en mariage et l’amène vivre sur un village flottant du Tonlé Sap. De cette union, naissent deux enfants, Pisey, aujourd’hui âgée de 14 ans, et le petit Tuna, 8 ans. La famille vit chichement de pêche. Mais les vicissitudes continuent de frapper : victime d’une attaque cardiaque sur sa pirogue, l’époux de Nanh tombe à l’eau et se noie. La jeune femme se retrouve seule avec ses deux enfants, ses mains et ses pieds rongés par la lèpre.

« J’aurais dû aller me faire soigner plus tôt mais ma mère avait perdu 3 enfants sous Pol Pot, elle refusait de me laisser partir, elle avait trop peur de me perdre aussi. Ce
n’est qu’après sa mort que je me suis rendue à l’hôpital. J’avais 29 ans, mes enfants étaient nés. » Deux opérations au centre de Kien Khleang, dirigé par CIOMAL, lui permettent de retrouver une certaine mobilité des membres. Dans la foulée, les assistants sociaux de CIOMAL proposent de soutenir la scolarité de sa fille Pisey avec
une bourse d’étude. La jeune veuve, handicapée, continue de pêcher. Lors de la montée des eaux, à la saison des pluies, elle doit affronter seule les serpents, rats, et autres insectes venus se réfugier dans les maisons flottantes.

Puis un jour d’avril 2017, Nanh apprend que son amour de jeunesse, Ban, n’est pas mort et vit dans la région de Battambang. Ce dernier qui a retrouvé sa trace et son numéro de téléphone l’inonde d’appels. Il lui apprend qu’il a perdu une jambe pendant la guerre. Ban est marié, Nanh ne veut pas perturber cette union. Mais Ban parle à sa femme, puis, un jour, arrive chez Nanh. Il n’en repartira plus.

« J’ai parlé plusieurs fois avec son épouse, raconte-t-elle. Nous nous considérons comme soeurs, je suis disposée à partager Ban avec elle, mais lui ne veut plus me quitter. Ma vie a changé avec sa présence. Il m’aide à pêcher, même s’il manque d’expérience. Il aime mes enfants et eux le considèrent comme un père. »

 

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