CIOMAL
 
AccueilPublicationsReportagesLe chirurgien qui fait le pont entre le Vietnam et le Cambodge

Reportages

Le chirurgien qui fait le pont entre le Vietnam et le Cambodge

 Dr NGUYEN KIM KHOA est un chirurgien vietnamien qui a dédié sa vie à la lutte contre la lèpre. Avec son équipe de choc (physiothérapeute, orthopédiste et infirmier), il parcourt le Vietnam, le Laos et le Cambodge pour effectuer des opérations sur les personnes atteintes de la lèpre afin de leur permettre de retrouver l’usage de leurs mains, yeux ou pieds.

Un choix de vie qui a nécessité beaucoup de courage pour affronter le rejet de la société par rapport à cette maladie. « Lorsque j’ai commencé à travailler sur la lèpre, au début 1990, mes collègues dermatologues me fuyaient et évitaient tout contact physique avec moi, raconte le docteur Khoa. Mais j’ai tenu bon, j’ai continué à m’afficher auprès des personnes atteintes, sans porter de gants ni de masque. Il a fallu du temps, mais les choses vont mieux maintenant. »
 
Les autorités vietnamiennes ont aussi été très actives et efficaces dans les campagnes d’information et de sensibilisation à la TV, à la radio, dans les écoles, dans les communautés, rappelant sans cesse que la maladie est guérissable, que la contagion cesse dès la première prise des médicaments, qui sont distribués gratuitement.
 
En 2000, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu le succès du Vietnam dans l'élimination de la lèpre, ce qui signifie que l'incidence de la maladie se situe à moins de 1 pour 10.000 à l'échelle nationale.
 
Dr NGUYEN KIM KHOA  est né et a grandi au Cambodge, où vivait une importante communauté vietnamienne. Suite au coup d’Etat de 1968, soutenu par les Américains, des massacres en masse de citoyens vietnamiens ont été perpétrés par le nouveau gouvernement cambodgien, obligeant ces derniers à fuir vers leur pays d’origine que leurs familles avaient pourtant quitté depuis plusieurs générations.
 
Arrivé à Saigon en 1970, le jeune Khoa passe son baccalauréat avant de s’orienter vers le médical. « Au terme de 6 ans d’études, j’ai obtenu un diplôme en chirurgie obstétrique. Puis on m’a donné le choix de travailler soit en oncologie soit dans la lèpre. Ma femme travaillait déjà dans la lèpre comme assistante sociale, j’y étais donc sensibilisé et j’ai choisi ce domaine. »
 
Un choix qui a fait de lui un pionnier au Vietnam dans les interventions chirurgicales auprès des personnes atteintes par la maladie : « J’avais l’impression de reprendre à zéro mes études de médecine. Il n’existait rien sur le sujet, lors de nos cours, pas un chapitre n’a été consacré à la lèpre. Je me suis plongé dans les documents de l’OMS et j’ai tout appris tout seul. Et petit à petit j’ai acquis ma propre expérience. »
 
C’est alors qu’il est engagé par l’ordre de Malte France dans le cadre d’un partenariat avec le Vietnam. Ses missions s’étendent sur le Laos et le Cambodge. « Nous faisons le transfert technologique, mais nous ne voulons surtout pas remplacer les médecins sur place », explique-t-il.
 
Plusieurs fois par année, le Dr Khoa et son équipe viennent à Phnom Penh pour partager leur savoir faire avec les médecins du centre de réhabilitation de Kien Khleang soutenu par CIOMAL.